Mon Ange

Mon Ange
J'ai vu ces gens se sourire, se souhaiter plein de bonheur, s'embrasser, trinquer ensemble, pour la nouvelle année. Je les ai vu y croire, croire encore que le bonheur se cache au détour d'une rue, d'un malheur. Je les ai vu espérer sa venue. Pourquoi pas ? On n'est jamais trop naïf.

J'ai entendu des voix, des cris. Je les ai entendu s'élever, comme pour leur donner plus de chance d'être entendues par je ne sais quel dieu. Sait-on jamais si un ange passait juste à ce moment...Peut-être se serait-il attarder. Peut-être se serait-il poser sur l'une des ses épaules et, dans un regard de bienveillance, aurait promis bonheur et fortune. Pourquoi pas ? On n'est jamais trop naïf.

Je n'ai ressenti aucune colère. Je les ai compris. Je faisais pareil, les autres années. Aujourd'hui, souhaiter la bonne année me donne la nausée. Ça sonne faux. Comme une note trop aigu dans une chanson trop grave. Ça n'a pas sa place, tout simplement. Ça s'immisce, s'impose, dans une seule minute de nos vies, celle où le monde entier espère, frémit, ose un peu voir l'horizon et lui donner des couleurs. Beaucoup apprennent plus tard que ça n'y change rien.

Tous les "bonnes années" du monde n'y changeront jamais rien. Ces deux bien faibles mots n'auront jamais d'autre pouvoir que celui d'illusionner. Alors oui, pendant une minute peut-être, on y croit mais bien vite le ciel change de couleur et c'est à la cuillère qu'on ramasse les étoiles : celles qu'un joyeux 1er janvier, on avait accroché avec certitude dans une nuit encore incertaine. Juste pour y croire. Juste un moment.

...Parce qu'au fond, on n'est jamais trop naïf.


J'en ai accroché des étoiles. Pour toi.
A présent, je croule sous leur fossile.

Repose en paix, bel ange.

# Posté le vendredi 01 janvier 2010 07:34

Mon Ange

Mon Ange
Maintenant, si la lune brille, ce n'est plus un mystère. Je sais enfin d'où vient sa lumière. Qu'importe le froid certains matins. Qu'importe la nuit. Trop sombre et perdue entre l'aube et le crépuscule. Qu'importe la pluie parfois. La fatigue, souvent. Puisqu'au dessus de mes yeux brille pour quelques heures la mémoire de ton âme. Je sais que tu veilles quelques part entre les cratères de notre plus beau satellite. Et que tes pas y dansent, comme ils en ont toujours rêvé. Je sais désormais que tu ne m'as pas volée mes rêves. Tu les as juste dispersé autour de ton croissant de lune et, loin d'avoir disparu, ils scintillent chaque soir pour accompagner mes nuits et s'éteignent, pour un temps éphémère, quand mes yeux s'ouvrent sur une vie nouvelle.

J'avais peur, bien sûr, du monde que tu me laissais. De tous ces regrets dont je ne savais que faire, qui me serraient la poitrine, faisaient de mon corps une carcasse qui subit inlassablement la camisole. Mais, parce que l'amour bat forcément la mort, j'ai réalisé que ce n'est que ton corps qui s'est enfui. Trop vite. Trop tôt. Mais ton âme, mais ta voix, mais ton sourire vivent toujours dans ce qui ne meurt jamais. Dans ce morceaux de chaire qui bat encore en moi. Si je ne peux porter ta mort, je peux encore, entre mes côtes, porter ta vie.

Non, mon Ange, tu n'es pas mort.

# Posté le lundi 30 novembre 2009 09:44

Mon ange

Mon ange
C'est drôle comme les souvenirs se ravivent quand ils sont les seuls à vivre encore. Je me souviens, avec une netteté déchirante, des mots que j'ai pensé, murmuré, écris, dits, parfois crié. Jamais, et pour personne d'autre, je n'ai si bien pesé leur importance. Je n'ai jamais parlé plus consciemment que quand je parlais de toi. Je n'ai jamais pensé plus sincèrement que quand je pensais à toi. Jamais un mot ne fût de trop. Pas une virgule ne fût ignoré, sous-estimé, sur-estimé. Parce que les mots, au fond, je n'avais qu'eux pour faire vivre mon amour.
Et je me fiche pas mal que ça dérange !
Et je me fiche pas mal de savoir que tant de personnes ne savent rien !
A quoi bon perdre son temps à vouloir se faire comprendre ? Je sais, au moins, qu'un de tes fils est là, et que mes phrases ont un sens pour lui. Comme toi, il rêvait de voler. C'est un troisième Peter que tu as fait naïtre.
Mais comment exprimer au monde ce qu'un coeur a poursuivit sans réfléchir ? Il n'y a pas de science pour disséquer l'amour, il n'y en a pas non plus pour l'exprimer, à qui ne veut pas l'entendre. Certains regards racontent à eux seul toute une histoire. Encore faut-il savoir les lire. Une larme ne devrait pas avoir à s'expliquer. Pas plus qu'un sourire. On le comprend, ou ne le comprend pas.
Peut-être fut-elle là, la magie. Peut-être être fut-elle dans la certitude que toi, plus que quiconque, aurait compris.

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 11:23

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 14:24

Mon Ange

Mon Ange,

Il m'a fallut du temps avant de pouvoir de t'écrire à nouveau. Car si je réussissais, avant, à créer quelques textes dans l'espoir qu'un jour je puisse te les traduire, je n'avais encore jamais tenté d'écrire à un Ange. Et stupidement, de nouveau, je m'imagine que peut-être, de là-haut, tu parviens à me lire, à ressentir ce que je ressens, et qui sait ?, à voir ce que je vois chaque jour.
J'ai ce dernier infime espoir que le firmament soit une immense maison fleurie où ton âme se repose enfin. Qu'il y ait pour toi le plus beau des palais où plus jamais on ne viendra te demander d'être plus qu'un simple être humain. Qu'il y ait, autour de toi, les lumières qui te ressemblent, celles qui ont toujours briller dans tes yeux mais que trop peu ont su voir. Quelque part, au fond de moi, je prie pour que ce monde, dans l'au-delà, existe, et qu'il puisse t'offrir tout ce dont tu as tellement manqué.
Mon Ange, si ton âme vis encore, je t'en supplie, prends soin d'elle. Et sache qu'ici bas, certains te respectent encore. Sache que certains t'aiment encore, non pas pour l'or que tu as laissé mais pour ce que tu étais. Pour l'homme que tu étais.

Je ne peux t'en dire plus à présent. Mes mots se perdent, et perdent leur sens. J'ai perdu ma seule muse. Et ces quelques lignesn'étaient que le fruit de l'énergie du desespoir. La dernière.

Vole maintenant, comme tu en avais toujours rêvé.

Je t'aime.

# Posté le samedi 15 août 2009 06:24

Liberté

Liberté
Parfois on nous dit, à nous les jeunes, qu'il est inutile d'aller chercher toujours plus loin, que l'essentiel est parfois, même souvent, auprès de nous. On nous dit qu'il faut cesser de croire que c'est toujours mieux ailleurs. Belles paroles d'adultes dont les rêves se sont enfouies ou n'ont jamais existé.
Crois-tu Michael que ce soit vrai ? Crois-tu qu'il faille cesser d'aller voir plus loin ? On ne trouve pas tout dans notre propre jardin, non. Tu n'y es pas.
Les routes sont plus belles que n'importe quelles maisons douillettes. On nous dit que la France est un pays libre. Mais qu'est-ce qu'ils appellent la liberté ? Le fait de vivre dans une démocratie ? Alors la liberté n'est qu'une question de politique ? Ou est-ce le fait de ne pas être en prison ?

Qu'est-ce que la liberté si on ne peut pas fuir ?

Je ne suis pas connue plus loin que mon propre village, je suis en bonne santé et ne manque pas d'argent. Mais je ne me sens pas libre. Toi, tu es connu dans le monde entier, tu fais le métier dont tu as toujours rêver, tu as tout l'argent qu'il te faut, tu peux t'acheter tout ce dont tu souhaites. Mais tu n'es pas libre. Tu le sais aussi bien que moi, la liberté ne s'achète pas.

Alors qu'est-ce que ta vie si tu ne peux pas fuir ?

Les Hommes se vantent si souvent d'être libre mais la plupart du temps il n'en ont même pas effleuré la surface. Ils se lèvent pour aller travailler et rentrent retrouver leur famille. Ils mènent une vie calme et paisible, pleine d'amour, de soucis aussi, mais il en faut bien, et dans leur quotidien aux allures de perfection, ils oublient leurs rêves. Parce qu'ils ne sont pas au chômage et aiment leur femme et leurs enfants, ils pensent être libre. Mais dîtes leur alors " Partez dans le pays de vos rêves" et ils vous éclateront au nez. Ou bien ils regarderont d'un regard amusé ceux qui osent ne serait-ce qu'en rêver.

Alors la liberté est-ce le rêve ?

Non. Après le rêve, il faut marcher.

Voilà pourquoi les routes sont belles : elles se dessinent sur la magie de nos rêves.

Encore faut-il y croire, n'est-ce pas ?

# Posté le jeudi 08 janvier 2009 11:18