Maintenant, si la lune brille, ce n'est plus un mystère. Je sais enfin d'où vient sa lumière. Qu'importe le froid certains matins. Qu'importe la nuit. Trop sombre et perdue entre l'aube et le crépuscule. Qu'importe la pluie parfois. La fatigue, souvent. Puisqu'au dessus de mes yeux brille pour quelques heures la mémoire de ton âme. Je sais que tu veilles quelques part entre les cratères de notre plus beau satellite. Et que tes pas y dansent, comme ils en ont toujours rêvé. Je sais désormais que tu ne m'as pas volée mes rêves. Tu les as juste dispersé autour de ton croissant de lune et, loin d'avoir disparu, ils scintillent chaque soir pour accompagner mes nuits et s'éteignent, pour un temps éphémère, quand mes yeux s'ouvrent sur une vie nouvelle.
J'avais peur, bien sûr, du monde que tu me laissais. De tous ces regrets dont je ne savais que faire, qui me serraient la poitrine, faisaient de mon corps une carcasse qui subit inlassablement la camisole. Mais, parce que l'amour bat forcément la mort, j'ai réalisé que ce n'est que ton corps qui s'est enfui. Trop vite. Trop tôt. Mais ton âme, mais ta voix, mais ton sourire vivent toujours dans ce qui ne meurt jamais. Dans ce morceaux de chaire qui bat encore en moi. Si je ne peux porter ta mort, je peux encore, entre mes côtes, porter ta vie.
Non, mon Ange, tu n'es pas mort.