Mon ange

Mon ange
C'est drôle comme les souvenirs se ravivent quand ils sont les seuls à vivre encore. Je me souviens, avec une netteté déchirante, des mots que j'ai pensé, murmuré, écris, dits, parfois crié. Jamais, et pour personne d'autre, je n'ai si bien pesé leur importance. Je n'ai jamais parlé plus consciemment que quand je parlais de toi. Je n'ai jamais pensé plus sincèrement que quand je pensais à toi. Jamais un mot ne fût de trop. Pas une virgule ne fût ignoré, sous-estimé, sur-estimé. Parce que les mots, au fond, je n'avais qu'eux pour faire vivre mon amour.
Et je me fiche pas mal que ça dérange !
Et je me fiche pas mal de savoir que tant de personnes ne savent rien !
A quoi bon perdre son temps à vouloir se faire comprendre ? Je sais, au moins, qu'un de tes fils est là, et que mes phrases ont un sens pour lui. Comme toi, il rêvait de voler. C'est un troisième Peter que tu as fait naïtre.
Mais comment exprimer au monde ce qu'un coeur a poursuivit sans réfléchir ? Il n'y a pas de science pour disséquer l'amour, il n'y en a pas non plus pour l'exprimer, à qui ne veut pas l'entendre. Certains regards racontent à eux seul toute une histoire. Encore faut-il savoir les lire. Une larme ne devrait pas avoir à s'expliquer. Pas plus qu'un sourire. On le comprend, ou ne le comprend pas.
Peut-être fut-elle là, la magie. Peut-être être fut-elle dans la certitude que toi, plus que quiconque, aurait compris.

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 11:23

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 14:24

Mon Ange

Mon Ange,

Il m'a fallut du temps avant de pouvoir de t'écrire à nouveau. Car si je réussissais, avant, à créer quelques textes dans l'espoir qu'un jour je puisse te les traduire, je n'avais encore jamais tenté d'écrire à un Ange. Et stupidement, de nouveau, je m'imagine que peut-être, de là-haut, tu parviens à me lire, à ressentir ce que je ressens, et qui sait ?, à voir ce que je vois chaque jour.
J'ai ce dernier infime espoir que le firmament soit une immense maison fleurie où ton âme se repose enfin. Qu'il y ait pour toi le plus beau des palais où plus jamais on ne viendra te demander d'être plus qu'un simple être humain. Qu'il y ait, autour de toi, les lumières qui te ressemblent, celles qui ont toujours briller dans tes yeux mais que trop peu ont su voir. Quelque part, au fond de moi, je prie pour que ce monde, dans l'au-delà, existe, et qu'il puisse t'offrir tout ce dont tu as tellement manqué.
Mon Ange, si ton âme vis encore, je t'en supplie, prends soin d'elle. Et sache qu'ici bas, certains te respectent encore. Sache que certains t'aiment encore, non pas pour l'or que tu as laissé mais pour ce que tu étais. Pour l'homme que tu étais.

Je ne peux t'en dire plus à présent. Mes mots se perdent, et perdent leur sens. J'ai perdu ma seule muse. Et ces quelques lignesn'étaient que le fruit de l'énergie du desespoir. La dernière.

Vole maintenant, comme tu en avais toujours rêvé.

Je t'aime.

# Posté le samedi 15 août 2009 06:24

Liberté

Liberté
Parfois on nous dit, à nous les jeunes, qu'il est inutile d'aller chercher toujours plus loin, que l'essentiel est parfois, même souvent, auprès de nous. On nous dit qu'il faut cesser de croire que c'est toujours mieux ailleurs. Belles paroles d'adultes dont les rêves se sont enfouies ou n'ont jamais existé.
Crois-tu Michael que ce soit vrai ? Crois-tu qu'il faille cesser d'aller voir plus loin ? On ne trouve pas tout dans notre propre jardin, non. Tu n'y es pas.
Les routes sont plus belles que n'importe quelles maisons douillettes. On nous dit que la France est un pays libre. Mais qu'est-ce qu'ils appellent la liberté ? Le fait de vivre dans une démocratie ? Alors la liberté n'est qu'une question de politique ? Ou est-ce le fait de ne pas être en prison ?

Qu'est-ce que la liberté si on ne peut pas fuir ?

Je ne suis pas connue plus loin que mon propre village, je suis en bonne santé et ne manque pas d'argent. Mais je ne me sens pas libre. Toi, tu es connu dans le monde entier, tu fais le métier dont tu as toujours rêver, tu as tout l'argent qu'il te faut, tu peux t'acheter tout ce dont tu souhaites. Mais tu n'es pas libre. Tu le sais aussi bien que moi, la liberté ne s'achète pas.

Alors qu'est-ce que ta vie si tu ne peux pas fuir ?

Les Hommes se vantent si souvent d'être libre mais la plupart du temps il n'en ont même pas effleuré la surface. Ils se lèvent pour aller travailler et rentrent retrouver leur famille. Ils mènent une vie calme et paisible, pleine d'amour, de soucis aussi, mais il en faut bien, et dans leur quotidien aux allures de perfection, ils oublient leurs rêves. Parce qu'ils ne sont pas au chômage et aiment leur femme et leurs enfants, ils pensent être libre. Mais dîtes leur alors " Partez dans le pays de vos rêves" et ils vous éclateront au nez. Ou bien ils regarderont d'un regard amusé ceux qui osent ne serait-ce qu'en rêver.

Alors la liberté est-ce le rêve ?

Non. Après le rêve, il faut marcher.

Voilà pourquoi les routes sont belles : elles se dessinent sur la magie de nos rêves.

Encore faut-il y croire, n'est-ce pas ?

# Posté le jeudi 08 janvier 2009 11:18

Qu'aurais-tu fait ?

Qu'aurais-tu fait ?
Tu aurais certainement ris à m'entendre le dire. Je vois ton sourire et ton regard entendu, ton regard pour ne pas me vexer, ton regard trop gentil, qui ne dit jamais "non". Mais tu aurais compris. Tes mains se seraient quelques peu agitées, ne sachant si elles devaient se poser sur les miennes, ou attendre. Attendre que mes larmes se sèchent, que ma voix se calme ; attendre que mes yeux ne te regardent plus comme la dernière étoile. Tu aurais attendu, oui, peut-être. Mais peut-être aussi que tes doigts auraient été le coton pour mes yeux, peut-être que tes bras auraient été ma couverture et ton épaule mon oreiller. Peut-être m'aurais-tu consolé de cette peine et de cette joie jamais apaisées. J'entends tes mots....non, je les imagine. Doux, comme toujours. Leur magie, comme toujours. Tes mots qui ont la beauté de l'inconnu, ce langage singulier qui ne seras jamais le mien, malgré le meilleur apprentissage. Tes mots qui sont toute la différence entre tes origines et les miennes. Tu m'aurais dit...quoi ? tu aurais fait...quoi ? Tu aurai souris. Oui, tu aurai souris. C'est beau de se tromper parfois. C'est beau de voir ce qui n'existe pas. Il est beau le vide des illusions, son cauchemar vêtu du velours des rêves.
Je ne sais pas. Je ne connais pas ce futur espéré.

Alors qu'aurais-tu fait ?
Alors que feras-tu ?

# Posté le lundi 27 octobre 2008 07:10

Modifié le lundi 27 octobre 2008 13:21

Comprends-tu le monde ?

Comprends-tu le monde ?
Comprends-tu le monde après toute ces années ? Y vois-tu ce que tous appellent "un soleil" ? Tu sais, cette tache jaune dont le ciel se maquille. Pourquoi lui donne-t-on tant d'importance ? Ce n'est qu'un rond couleur de blé peut-être accroché à une ficelle. Et les Hommes se croient bien parce qu'il est là.
C'est drôle, on accepte qu'une boule de lumière flotte au-dessus de nos têtes mais pas qu'on puisse aimer les personnes que l'on veut. Ah ? Tu ne le savais pas ? Et bien, dans notre monde il y a certaines personnes sur lesquelles il nous est autorisé de poser les yeux et pas sur d'autres. Ils n'ont pas encore pensé à scotcher des étiquettes à leur front ; ça ne devrait tarder.
On ne conçoit pas non plus que sur des rochers se détendent quelques sirènes, qu'entre écorce et feuillage discutent un groupe de petites fées, qu'au-delà de Madame Terre une étoile ou une planète accueille d'autres pieds et mains.
Quand on y pense, il n'existe que ce que nous voulons qu'il existe. Pourquoi ce qui est caché devrait être condamné à n'être pas ?

Le Monde comporte tous les contraires, tous les paradoxes et tous les contre-sens. Et nous devons en faire un plat à peu près mangeable. Je voudrais le jeter à la tête du premier venu ! On passe notre vie à se concocter une jolie petite salade sauce Panurge, parce que c'est ainsi qu'il faut vivre : faire avec ce que le monde nous donne. Prendre les ingrédients, suivre minutieusement la recette et....c'est tout. Prendre ce qu'on nous donne. Voilà la règle première. Approche-toi du placard pour tenter une nouvelle saveur et on te ris au nez. Tu es un idiot si tu rêves plus haut que les autres. C'est du moins ce qu'on dit en silence, dans les esprits clonés qui se consultent du regard ne sachant pas comment agir face à quelqu'un d'anormal -autrement dit pas comme eux.

Alors Michael, puisque jusqu'à maintenant personne n'a su me répondre, qu'est-ce que le monde ? J'ignore comment il faut vivre avec et dans quelque chose que l'on ne comprend pas.

J'attends ta réponse : elle est la sauce manquant à ma vie.

# Posté le vendredi 17 octobre 2008 12:59

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 13:19